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Google vs Facebook, « un moteur qui devient réseau et un réseau qui devient moteur »

Médiamétrie a passé au crible les habitudes des mobinautes français pendant l’année 2011. Il en ressort que le site le plus consulté depuis un mobile est le réseau social Facebook (près de 10 millions de visiteurs uniques) suivi de Google (9,93 millions). Cette habitude est équivalente sur l’internet fixe avec cette fois-ci Google en premier suivi de Facebook.

Google est le premier moteur de recherche consulté depuis 2010 mais face à la monté en puissance de Facebook et l’importance des réseaux sociaux Google se doit de séduire et d’innover pour garder sa place.

La nouveauté de Google pour  2012 : Search Plus Your World

Cette nouvelle année 2012 débute avec une grosse révolution dans les résultats de recherche du moteur Google : Search Plus Your World. Google semble ne vouloir déployer les fonctionnalités de cette nouveauté uniquement sur sa version anglaise.

Tout au long de l’année 2011, l’intérêt croissant du moteur dans le développement des comptes Google+ et de ses utilisateurs avaient pour optique de s’imposer comme réseau social dominant pour faire front à Facebook et Twitter. Avec  Search Plus World, Google franchit un pas important et veut s’imposer comme réseau social référent.

Le postulat de départ de Google est pourtant simple : en tant que moteur de recherche, Google se doit de fournir à ses utilisateurs les meilleurs résultats. Et lorsqu’un individu fait une recherche, l’information peut venir des résultats disponibles sur le web « public » mais aussi de publications issues de leur réseau. Or, à date, autant Google est référent lorsqu’il s’agit de trouver les informations issues du web « public », autant la partie « réseau » était manquante.

Avec le lancement de « Search, plus Your World » le 10 janvier 2012 aux USA, le moteur de recherche évolue pour rajouter une couche sociale à ses résultats: lorsque vous serez connecté sur Google+, les résultats de vos recherches prendront en compte, non plus seulement le contenu du web, mais aussi les individus, les relations.

La recherche pourra se faire autrement par le biais d’un petit interrupteur situé en haut à droite des résultats, de passer d’un contenu dit « classique », comme des pages web traditionnelles, à du contenu personnel. Photos, statuts et autres posts de vos amis se retrouveront ainsi affichés sur Google, taillé sur mesure pour répondre à votre demande. Google présente sa fonctionnalité en affirmant que « les expériences de nos amis sont souvent plus significatives que le contenu impersonnel du web. » On appréciera le fait que Google nous laisse la possibilité de choisir quand utiliser cette recherche sociale.

Cette nouveauté se situe cette fois à droite des résultats de recherche, et concerne les Pages de marques ou de célébrités. Jusque-là, chercher le nom d’un people dans Google nous renvoyait à son site officiel, ou à sa page Facebook, mais aussi parfois à son profil G+. Désormais, les comptes « officiels » Google+ seront affichés en avant-première en haut à droite.

Concrètement ce que cela impact sur nos recherches et les autres réseaux sociaux

Trois principaux changements (si vous êtes connecté à votre compte Google+ lors de vos recherches) :

1. Résultats Personnels: le moteur vous présente des résultats de recherche personnalisés (photos, posts) issus de votre propre compte Google+ et de ceux de vos amis+. Ces résultats apparaîtront donc de manière unique pour vous.

2. Profils dans la recherche : dans la barre de recherche en tapant le nom d’un de vos amis Google+ il se présentera automatiquement en 1er, facilitant les interactions instantanées avec vos contacts.

3. Personnes et Pages : lors de vos recherches sur une thématique précise, des personnes influentes et actives sur ce domaine vous seront présentées à droite de la page des résultats. Vous pourrez ensuite les suivre en les ajoutant à votre cercle Google+.

 

Au niveau de la confidentialité Google assure que tout est bien fonctionnel. Il faut bien être conscient qu’on se retrouve avec les mêmes pours et contres que les autres réseaux sociaux comme Facebook, Twitter, sur lesquels vos photos oubliées ou anciens posts seront présentés dans les résultats de votre cercle de contacts+.

Comme à l’habitude il faut savoir protéger sa vie privée comme sur n’importe quel réseau social pour ne pas que vos « cercles » puisse avoir des photos de vous ou des informations liées à certain mots lorsque qu’ils vont taper un mot clef sur le moteur de recherche Google. Vous n’avez pas pu passer à côté du message de Google sur les nouvelles réformes sur la confidentialité.

En tant que communiquant, il ne faut plus attendre pour créer et développer votre compte Google+ si vous avez un site web à référencer ! Le moteur avantagera sans aucun doute les sites web ayant un compte actif et puissant dans tous ses résultats de recherche, que l’utilisateur soit connecté ou non à son compte Google+.

Il va donc devenir difficile de passer à côté du réseau social de Google, ce dernier tendant à s’incruster de plus en plus en profondeur dans les produits Google.

Face à ce lancement, Twitter s’indigne et accuse ouvertement Google de « fausser » les résultats de recherche en favorisant les informations issues de son propre réseau social Google+ dans les résultats de recherche standard. Alex Macgillivray, l’avocat de Twitter (et ex-employé de Google) allant même jusqu’à parler de la décision de Google comme d’un « mauvais jour pour l’internet ».

Les équipes Twitter ne seront certainement pas les seules à reprocher cette décision de GoogleTout comme Twitter, les équipes Facebook trouveront cela certainement injuste puisqu’ils sont également laissés de côté. Par ailleurs, avec une position dominante de part et d’autre de l’Atlantique (la part de marché de Google est de 60% aux US et de 90% en Europe), il ne serait pas impossible que les régulateurs s’intéressent de très près à la situation du géant qui semble ainsi favoriser son propre réseau social pour le pousser plus rapidement sur le marché.

Mais d’ici à ce que des actions de la part des régulateurs soient mises en place, il pourrait se passer quelques années au cours desquelles, Twitter et Facebook n’auront peut-être pas d’autres choix que d’ouvrir un peu plus leurs données, aujourd’hui très protégées des araignées d’indexation de Google…

Twitter a également critiqué le nouveau système, craignant que les messages échangés en temps réel sur son service de microblogs perdent de leur proéminence dans les résultats du moteur de recherche. « Les informations sortent en premier sur Twitter, ce qui fait que souvent les comptes Twitter et les ‘tweets’ sont les résultats les plus pertinents« , a fait valoir la société de San Francisco. « Nous craignons qu’avec les changements annoncés par Google, ces informations ne deviennent plus difficiles à trouver« .

Le lancement de « Search, plus Your World » est donc logique pour Google qui, dans un contexte où les individus passent de plus en plus de temps sur le web social (25% de leur temps online), a besoin d’une couche sociale, sans quoi le moteur deviendra moins pertinent. Maintenant, est-ce que cela apporte une grande différence à Google+ sur le long terme ? Google aura beau pousser son produit en incitant les gens et les marques à créer des pages Google+ pour apparaître dans son moteur de recherche, il n’est pas certain que cela encouragera les individus à utiliser leur page Google+ (alors qu’ils sont près de 1 milliard sur Facebook et que les derniers chiffres officiels de Google+ annoncent 40 millions d’utilisateurs).

Et là réside le plus grand défi pour Google…

Internet et sa liberté, Google rencontre également des difficultés avec Google Music

L’intégration de Spotify à Facebook a considérablement boosté son audience aux Etats-Unis mais reste bien loin derrière ses concurrents Pandora et Itunes. Le graphique ci-dessous, montre que les habitudes de consommation des internautes en terme de musique tendent certes à évoluer. La digitalisation de la musique prends une place importance dans le monde digital et un grand comme Google ne peut pas ne pas réagir, surtout quand Facebook s’y met.

Face à cet élargissement des capacités de Facebook, Google lance Google Music mais peine à obtenir la signature de toutes les majors pour le lancement de son service de téléchargement. Il serait à la fois connecté à son service de stockage déporté et intégré à son réseau social Google+.

Le fait qu’Apple et Amazon soit pour l’instant les seuls partenaires du nouveau programme de vente direct-to-fan de Youtube est un signe que le géant de Mountain View n’espère pas être en mesure de mettre à disposition un catalogue complet dans l’immédiat. La question de liens litigieux vers lesquels renvoie son moteur de recherche, et celle du lancement d’un locker en dessous de la ligne de mire des labels, sans qu’aucun mode de rétribution n’ait été prévu pour eux, font partie des obstacles à l’obtention par Google de licences de la part des toutes les majors.

Selon les informations parues dans la presse américaine, les clients de la nouvelle plateforme de téléchargement de Google pourront partager les titres achetés avec leurs amis sur Google+, qui pourront les écouter une fois. Facebook, qui joue la carte d’une intégration poussée de la plupart des services de streaming, est mieux disant. Et la capacité de Google+ à concurrencer le réseau social et ses 800 millions d’utilisateurs relève encore du mirage. En outre, Google, qui réalise 97 % de son chiffre d’affaires dans la publicité, n’a jamais été un champion du e-commerce. Autant d’inconnues dans la corbeille de son nouveau service de téléchargement de musique, qui pourrait n’être qu’un nouveau coup d’épée dans l’eau.

Internet est en pleine mutation surtout depuis la tombé de Mégaupload avec des questions importantes s’appuyant sur les bases fondamentales de l’internet : la censure, la liberté d’expression, le copier/coller…. Les Anonymous en sont les représentants mais il est également sûr que les internautes lamba se posent des questions et sont aussi impliqués dans cette évolution.                         

Les deux géants d’internet se battent pour gagner les pleins pouvoir mais jusqu’où cela vas-t-il aller ? Que sera l’internet de demain ?

Louise Combray et Angélique Jakerian

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