Le « Cloud Computing » lancé par Amazon en 2002, se présente depuis quelques mois comme la révolution en matière de stockage informatique mais aussi comme un effet de mode.

En effet, à l’heure où les supports de communication et de travail se multiplient (mobiles, tablettes …), les services de Cloud Computing apportent une grande promesse : celle d’accéder à tout notre contenu quel que soit l’appareil que nous utilisons. Assiste-t-on à l’ultime étape de la dématérialisation des données ou à de simples campagnes marketing pour vendre la dernière nouveauté à la mode ?

Mais le Cloud c’est quoi ?

Le Cloud (nuage) désigne l’ensemble des services de Cloud Computing aujourd’hui disponibles sur la toile. Tous sont similaires et sont là pour nous permettre de stocker sur des serveurs distants tout le contenu que l’on souhaite : nos vidéos, nos logiciels, nos images et l’ensemble de nos documents. Ce contenu, une fois remonté dans le «nuage», se synchronise comme par magie avec tous les appareils que l’on choisit.

Un service de Cloud Computing efficace permet donc idéalement de commencer par exemple à écrire nos mémoires sur notre Mac Book Pro flambant neuf, puis de le visualiser et le modifier sur n’importe quel autre appareil après l’avoir stocké dans le nuage. D’un point de vue professionnel, les gains sont non négligeables : plus de problèmes de maintenance technique, économies, gain considérable de mobilité : adieu câbles, clés et autres disques externes !

Amazon, le précurseur du nuage séducteur !

Suite à l’éclatement de la bulle internet au début des années 2000, le web 2.0 a commencé à faire son apparition ainsi que notre fameux nuage via le SaaS (Software as a Service).

Trois types de service sont proposés par le Cloud :

  • le IaaS (Infrastructure as a Service) dont les ressources d’infrastructures sont mis à disposition via des Datacenters. Il va donner l’accès aux serveurs et à leurs configurations aux différents administrateurs de l’entreprise. Il permet une grande flexibilité et un contrôle total des systèmes.

Applications concernées : Amazon EC2, Eucalyptus.

  • le PaaS (Platform as a Service) correspond aux plateformes du nuage où l’on retrouve les serveurs mutualisés et leurs systèmes d’exploitation. Le PaaS dispose d’environnements spécialisés au développement comprenant les langages, les outils et les modules nécessaires. Un prestataire va héberger tous ces environnements à l’externe et le déploiement sera automatisé.

Application concernée : Google App Engine.

  • le SaaS (Software as a Service) propose un abonnement à un logiciel plutôt qu’à une licence. Les applications sont directement utilisables sur le web. Il n’y a plus d’installation, plus de mise à jour…

Applications concernées : Sales Force, Diva.

Les premières applications à avoir profité des bienfaits du Cloud sont la messagerie, les outils collaboratifs, le CRM ainsi que les environnements de développement.

Nous sommes donc depuis plusieurs années baignés dans le Cloud Computing mais sans vraiment y attribuer un terme bien précis.

Grâce à Amazon, le nuage a pu émerger sur le marché et commencé à s’imposer au sein des entreprises et des particuliers. Pour cette société de e-business, le Cloud Computing était utilisé pour gérer au mieux la quantité importante de commandes lors des fêtes de Noël. Le concept était clair et simple, toutes les ressources inutilisées étaient ouvertes aux entreprises pour qu’elles puissent les louer selon leur demande.

Suite à son succès, Amazon a continué dans cet optique pour proposer un service de stockage de plus en plus performant à ses clients.

De la condensation à l’évaporation du nuage…

Comme tout outil, le Cloud comporte aussi bien des avantages que des inconvénients. Il est important de souligner lesquels pour comprendre efficacement si le nuage est oui ou non pertinent dans notre quotidien.

Vers l’accumulation de gouttelettes…

L’atout majeur du Cloud Computing est certainement l’accessibilité de l’information peu importe l’endroit où l’on se trouve grâce à la dématérialisation de celle-ci. A la clé, plus de fluidité dans l’usage des différents supports, moins de complexité technique et une plus grande accessibilité des données. Pour une entreprise, le réseau peut s’agrandir comme se rapetisser selon ces besoins. En conséquence, les administrateurs consomment uniquement ce qu’ils ont besoin ce qui revient à diminuer les coûts de consommation d’énergie.

Autre avantage, le déploiement instantané… Grâce à sa solution virtuelle, il n’est plus nécessaire d’attendre un temps fou pour avoir accès à l’outil. Sa mise en place est rapide et s’adapte parfaitement à l’environnement de l’infrastructure. On peut voir une véritable réduction des coûts puisque les entreprises réduisent les dépenses au niveau des équipements et des ressources. Les mises à jour sont gérées automatiquement ainsi que la programmation.

Lorsque le nuage s’évapore…

La plus grosse interrogation concerne bien la sécurité. A l’heure actuelle, nous ne savons pas comment sont gérées et protégées nos informations dans les nuages. Si l’idée est de stocker ses données sur des serveurs distants, l’utilisateur ignore tout de leur localisation ainsi que leur degré de protection. Mettons-nous un instant dans la peau d’un chef d’entreprise : cela revient à abandonner toute infrastructure déjà créée et à déménager dans un immense bâtiment où de nombreuses structures cohabitent, se partageant une grande infrastructure mutualisée.

Rêve ou cauchemar ? La question de la sécurité reste centrale et, face aux avantages économiques et techniques que fournit le Cloud Computing, demeure malgré tout un frein majeur à la généralisation de son usage.

Finalement, que peut-on conclure sur ce nuage ?

Les services de Cloud Computing (comme Dropbox ou iCloud, pour ne citer que les plus connus), font  bien sûr en premier lieu l’affaire de ceux qui les commercialisent. Bien que leur usage professionnel soit en expansion depuis les trois dernières années, il ne s’est pas encore généralisé à toutes les données, principalement pour les raisons de sécurité évoquées plus haut. Comme toute nouveauté, le Cloud Computing a ses défenseurs et ses détracteurs. Son usage privé rencontre un franc succès, car il répond à une réelle demande de mobilité accrue et d’accessibilité des données.

Cependant, face à la double multiplicité des services de Cloud et des outils internes des entreprises (souvent uniques et adaptés à des business process spécifiques), la révolution promise par les marketeurs des grands noms de l’informatique semble s’être quelque peu arrêtée en marche…

Jean-Denis Lopez – Lamine Outeldait – Marie Harou